Question d’actualité n°1 :

Groupe « Rassemblement pour Hyères »

  • Question posée par Monsieur Bacci, conseiller municipal délégué

Ma question s’adresse à Madame Marino, adjointe à l’éducation.

Madame, il est de tradition à chaque rentrée scolaire de faire un point sur la façon dont elle s’est déroulée. Cette année, ce point est d’autant plus important que la mise en place de la réforme des rythmes scolaires a constitué une grande révolution.

Pourriez-vous indiquer au Conseil municipal, comment les NAP ont été mises en place, et comment les élèves se les sont appropriées, quelle évolution peuvent-ils être amenés à connaitre, et de façon plus globale, faire un point sur les effectifs scolaires de la commune.

  • Réponse de Madame Marino, adjointe à l'éducation

Merci Monsieur BACCI.

La Ville d’Hyères a, malgré son opposition à la réforme, fait le choix d’appliquer la réglementation pour cette rentrée scolaire 2014-2015. En concertation avec les conseils d’école, les parents d’élèves et les professeurs, suite à plusieurs réunions d’information, nous avons décidé d’appliquer le décret Hamon avec un enseignement de 24 heures par semaine sur 8 demi-journées, et l’organisation de nouvelles activités périscolaires sur un après-midi complet.

184 professionnels de la Ville encadrent les enfants et 10 associations sont partenaires pour des activités diverses : le hockey, la gym, la pétanque, les jeux d’adresse, le judo, le yoga, l’informatique, les arts plastiques, le théâtre, etc.

Il est important de souligner que malgré le coût de cette réforme pour la Ville et une nette incertitude, voire une réelle inquiétude sur les financements, la Ville d’Hyères a fait le choix de ne pas pénaliser les familles et de favoriser un accès égal à tous. Elle a donc décidé que les nouvelles activités seraient gratuites. Nous avons décidé également de maintenir les horaires habituels des écoles afin de ne pas pénaliser l’organisation des parents et nous avons organisé les temps périscolaires autour des temps d’enseignement, et ce pour chaque école.

Si on se réfère à ce qui s’est passé et ce qui se passe encore dans d’autres villes, nous avons d’ores et déjà fait un premier bilan qui est plutôt positif au regard de la complexité de la mise œuvre sur les 28 écoles de la ville. Les équipes sont d’ailleurs encore sur le terrain pour chaque après-midi de NAP, afin de régler au mieux les difficultés imprévues ou les imperfections qu’il est normal de rencontrer face à une réforme de cette ampleur dans une ville de notre taille.

Afin de rester dans la démarche de concertation qui est la nôtre depuis le début, nous avons organisé un premier comité de suivi des NAP cette semaine – hier en réalité. Ce comité se réunira régulièrement afin de faire le point et d’envisager ensemble des solutions et de faire des propositions.

Aujourd’hui, ce sont 75 % des enfants qui sont inscrits aux NAP, soit 2 800 enfants. Nous faisons néanmoins aujourd’hui un constat auquel nous nous attendions : les parents indiquent que les enfants accusent déjà la fatigue. Je rappelle qu’ils doivent se lever tôt cinq jours par semaine. Nous ignorons pour l’instant quel sera l’impact réel de cette réforme sur les apprentissages.

Concernant la rentrée scolaire, ce sont 3 771 enfants de maternelle et de primaire qui ont fait leur rentrée à Hyères le 2 septembre dernier. Nous avons dû malheureusement affronter cette année des décisions de l’Éducation nationale concernant des fermetures de classes à Michelet et à Saint-Exupéry. Nous nous sommes bien évidemment mobilisés contre ces décisions. La Municipalité s’est d’ailleurs exprimée en séance du Conseil Municipal du 18 avril contre ces fermetures.

Monsieur le Maire est intervenu à de nombreuses reprises auprès de l’Inspection académique et du rectorat. Sa dernière intervention a d’ailleurs permis d’éviter de justesse une autre fermeture de classe à l’école Excelsior. Cette classe a été sauvée cette année, mais jusqu’à quand ?

Il est un fait que la Ville d’Hyères voit depuis dix ans sa population diminuer. Le nombre d’enfants scolarisés est en baisse dans les écoles, situation qui ne manque pas de nous préoccuper. En dix ans, nous avons perdu plus de 500 enfants. Certaines écoles présentent aujourd’hui un effectif limite au regard de leurs capacités. Il est à craindre que faute de voir notre population augmenter, nous devrions encore faire face à de nouvelles fermetures de classes.

Question d’actualité n°2 :

Groupe « Ensemble pour Hyères et pour demain »

  • Question posée par Madame Tropini, conseillère municipale d'opposition

Il y a neuf mois, à la mi-janvier plus précisément, notre commune a connu d'importantes inondations, obligeant alors à faire évacuer plusieurs lotissements, dont certains sont en zone inondable. Plusieurs quartiers (les Borrels, Saint-Nicolas, l’Oratoire) ont été concernés. De nombreux agriculteurs et horticulteurs ont perdu leur récolte. Des écoles ont subi des dommages. Des décès sont survenus à La Londe. Un homme s’est même suicidé, désespéré.

Au désastre humain – certains habitants du quartier de l’Oratoire en étaient à leur troisième inondation en quinze ans – s’est ajouté le désastre économique.

Je veux d’ailleurs une nouvelle fois louer le travail des services municipaux et l’équipe précédente, qui ont fait preuve d’anticipation, de réactivité et d’écoute face aux sinistrés, tout comme je veux saluer le formidable élan de solidarité dont les Hyérois ont fait preuve à ce moment-là.

Dans la foulée de ces événements, une série de mesures à court, moyen et long termes avaient alors été présentées à l'ensemble des habitants des/de la zones concernées.

L’épisode pluvieux orageux survenu il y a quelques jours, même s’il n’a pas été aussi intense, nous rappelle que cette problématique est plus que jamais d’actualité.

En conclusion, et je reprendrai ici vos propres propos que vous avez utilisés à l’Assemblée Nationale en janvier dernier : « Il faut également agir très vite, car quand le soleil se remet à briller dans le Sud, quand les maisons finissent à sécher, on a souvent tendance à oublier que les problèmes d’hier et d’aujourd’hui peuvent encore être ceux de demain ».

Aussi nous souhaiterions connaître les mesures que vous avez d'ores et déjà et/ou que vous allez mettre en œuvre afin de protéger ces populations, et aussi les lycéens du Golf Hôtel, tout en rappelant que contrairement à ce qui a pu être évoqué à ce sujet, ni les caisses de la Ville, ni les dossiers ne sont vides.

  • Réponse de Monsieur le Député-Maire

Merci, Madame, de poser cette question. On est sur un sujet où la solidarité est complète. Elle avait été bien sûr affirmée auprès de la Municipalité précédente quand nous avions connu les inondations, et je suis bien convaincu que nous pouvons compter sur la vôtre au moment où nous pouvons être touchés. Et c’est une affaire dans laquelle la continuité, dès lors que des réponses responsables doivent être apportées, doit être la règle.

Je vous indiquais que sur l’orage récent très particulier qui est tombé à la verticale et qui n’avait rien à voir avec le bassin-versant du Gapeau, 60 mm d’eau sont tombés en un quart d’heure. Je rappelais que cette salle, par exemple, a été inondée pour la première fois de son histoire ; toute la mairie a été inondée ; les ascenseurs ; 70 horticulteurs, vous l’avez dit, ont été touchés de façon importante ; le centre-ville totalement inondé. Et je suis heureux que nous ayons pris le soin tout à l’heure, dans une motion à l’unanimité, de demander au ministre de l’Agriculture d’être attentif aux problèmes des agriculteurs et que l’état de calamité agricole puisse être déclaré. Je crois que vous avez pu apprécier là aussi la solidarité bien sûr de chacun, et des services en particulier.

Sur les mesures nécessaires qui doivent nous guider : sur la prévention immédiate, nous avons souhaité que dès lors qu’une alerte pouvait intervenir à deux ou trois jours, il y ait un entretien préventif systématique de tous les réseaux d’eau pluviale, notamment à l’Oratoire, et les services techniques sont mobilisés sur ce point. Nous avons également mis en place un nouveau système appelé « Télé Alerte ». C’est un système encore plus précis, encore plus efficace que le précédent, qui fonctionnait, mais qui permet cette fois d’alerter en une heure 90 000 personnes et d’envoyer 150 000 SMS. Je crois que cela peut servir, au-delà de téléphones nouveaux qui viennent de m’être indiqués, à renforcer encore l’efficacité d’une cellule de crise qui a fait ses preuves par le passé et qui démontre encore aujourd’hui sa pleine efficacité.

Sur la prévention à court terme, qui me paraît très importante, nous avons lancé un programme de maîtrise d’œuvre pour aménager et surtout essayer d’hermétiser, si l’expression m’est autorisée, pour les crues courantes de l’Oratoire. Ce programme sera réalisé avant l’automne 2015. Des études sont en cours, de telle façon que l’ensemble des trous béants qu’il y a à l’Oratoire puissent être comblés et que la résurgence des eaux pluviales, qui crée plus de problèmes, d’après les experts, à la limite que les crues elles-mêmes, puisse être résolu.

Enfin, un plan d’action et de prévention des inondations à moyen et long terme. C’est bien sûr, et on le sait, à travers le Syndicat mixte du Gapeau que les réponses doivent être apportées à tous les niveaux. C’est sa compétence. Avec la très grande difficulté d’un syndicat dont l’essentiel des membres envoient l’eau mais ne la reçoivent pas. Et nous devons essayer d’être le plus influents possible pour obtenir les moyens nécessaires.

Monsieur le Préfet CAYREL, dans une réunion sur le sujet que nous avons organisée en préfecture, avait l’intention, et je pense que son successeur aura la même, de mettre en place par anticipation le plan de prévention des risques pour inondation, le PPRI rapidement. L’idée étant de pouvoir faire un peu pression sur les municipalités pour mettre en place les travaux nécessaires et non pas pour les différer aux calendes grecques, étant bien entendu – et c’était l’état de notre réflexion – que dès lors que ces bassins de rétention par exemple seront mis en place et que la qualité de la lutte contre les inondations sera améliorée, le PPRI pourra évoluer vers plus de compréhension. Je crois que c’est une mesure dissuasive, si j’ose dire, importante.

Le deuxième élément très important, c’est la mise en place d’un PAPI. C’est une formule qui permet d’intervenir en urgence dans un plan d’aménagement sans avoir à attendre – là encore, ce sont des procédures administratives – que le SAGE soit opérationnel ; sans avoir à attendre 2017. Si le PAPI n’est pas mis en place, le bassin, le Syndicat mixte du Gapeau ne pourra pas intervenir avant que le SAGE n’existe. Cela fait partie des curiosités de l’administration. Monsieur le Préfet, le Maire de La Crau et moi-même militons pour que le PAPI soit très rapidement mis en place. C’est à ce titre que nous pourrons réaliser les travaux nécessaires. Nous essayerons d’aller le plus vite possible.

Dans l’attente, bien entendu, nous continuons la politique qui avait été entamée d’achat du foncier aux lieux prévisibles des bassins, notamment au Plan du Pont, sans hésiter bien sûr à mettre en place les déclarations d’utilité publique nécessaires.

Quelques mots complémentaires sur le fonds Barnier. Comme on pouvait le redouter, même si cela a pu faire rêver, aucune personne n’a été éligible au fonds Barnier – c’est le résultat des investigations préfectorales – dans la mesure où il ne peut intervenir que s’il y a destruction totale pratiquement d’une maison, ce qui n’a pas été constaté.

Enfin, je voudrais rappeler qu’il y a la possibilité de créer une taxe « inondation » et que ce sera le moyen d’avoir les ressources nécessaires pour véritablement parer aux éventualités. La Commune d’Hyères est prête à mettre en place la taxe « inondation », mais bien entendu avec l’ensemble des communes du Syndicat mixte du Gapeau. Je crois que ce moyen dédié sera nécessaire si nous voulons être opérationnels.

Voilà, Madame, les réflexions qui sont aujourd’hui les miennes. Je voudrais ajouter que nous avons eu sur le sujet beaucoup de rencontres avec Monsieur le Préfet, parce qu’il est important que l’État suive en la matière et analyse – je prends l’exemple des aménagements sur le bord du Gapeau – les mesures que nous pourrons prendre. Nous sommes aujourd’hui dans l’attente de sa réponse définitive en matière de loi sur l’eau, en faisant bien peser l’idée que la sécurité des personnes peut parfois l’emporter sur la sécurité de quelques espèces végétales. Nous aurons une réunion sur les inondations le 6 octobre avec l’ensemble des ASL et CIL de l’Oratoire, de telle façon qu’on leur donne le détail de ce qui va être fait ; et puis une réunion globale quand nous aurons les premiers éléments de l’étude et qu’elle pourra être opérationnelle fin octobre. Voilà.

La Commune, la Municipalité est totalement mobilisée sur ce sujet, car tous mes prédécesseurs le savent : quand il y a des orages, tout le monde est inquiet et le Maire un peu plus parce qu’il a une responsabilité éminente et nous essayerons de la remplir avec efficacité.

Je vous remercie.

Question d’actualité n°3 :

Groupe « Hyères Bleu Marine »

  • Question posée par Madame Collin , conseillère municipale d’opposition

Monsieur le Maire, 900 logements sociaux doivent être construits à Hyères dans un proche avenir nous avez-vous dit. La ville participe évidemment au financement de ces constructions et bénéficie en retour d’un quota de logements à attribuer.

Qui décide de la configuration des appartements ou plus précisément de leur superficie ?

En effet, les familles Hyéroises, pourtant représentatives de la moyenne des familles françaises, puisque le taux de fécondité par femme dans notre pays est de 2 enfants, attendent depuis 10 ans un logement et s’entendent répondre par le CCAS : « Mais vous n’avez que 2 enfants ? » sonnant comme un reproche et en tout état de cause comme une fin de non-recevoir quant à l’obtention du dit logement réservé de toute évidence à des familles très nombreuses…

Ces familles en difficulté économique et/ou sociale n’ont-elles pas le droit à un logement décent ?

Il s’agit pourtant de couples ou de familles mono-parentales avec 2 enfants !

De même, dans la perspective du maintien voire du développement économique que tous les élus promettent aux Hyérois, un jeune qui débute et peine à trouver un emploi stable n’aurait pas droit à un coup de pouce ? Un père venant de divorcer, devant payer par ailleurs une pension, et dans la nécessité urgente de se reloger en ayant la capacité de pouvoir recevoir ses enfants ne pourrait être prioritaire ?

Combien y a-t-il de studios, de T2, de T3 proposés par rapport aux autres surfaces locatives ?

Selon le vieil adage « qui paye commande », pourquoi notre ville ne pourrait-elle demander, à proportion de son engagement financier, une diversité plus équitable dans la taille des logements à proposer aux Hyérois ?

Merci Monsieur le Maire de bien vouloir répondre de manière circonstanciée en nous indiquant votre position à cette question cruciale pour nombre de nos concitoyens mal logés.

  • Réponse de Monsieur le Député-Maire

Merci Madame.

Cette question est effectivement importante et je pense que vous savez comme nous que près de 80 % des Hyérois (75 %) sont éligibles aux logements sociaux, ce qui pourrait d’ailleurs être l’objet d’une réflexion complémentaire. Vous indiquez que les 900 logements sociaux à construire, ce sont les préconisations de l’État dans les trois années à venir. Et on essayera de faire au mieux, même si cela est extrêmement important. Et puis vous dire aussi que de mon point de vue, tous les candidats sont Hyérois, quelles que soient leur personnalité, leur origine et leur situation ; nous répondons aux demandes des Hyérois.

C’est d’autant plus pertinent comme affirmation que nous avons obtenu de Monsieur le Préfet que la dotation préfectorale soit transférée à la Commune, de telle façon que nous puissions de façon plus directe affecter les logements sociaux aux Hyérois au lieu et place éventuellement d’une affectation pour des personnes d’autres communes. Ce n’est pas qu’elles n’ont pas de problème, mais il faut que l’investissement réalisé ici soit utilisé par les Hyérois eux-mêmes.

Sur la taille des logements sociaux que vous évoquez, c’est un problème important. Je vous rappelle que ce sont les bailleurs sociaux qui font des propositions à la Direction départementale du territoire et de la mer. Ces propositions ne tombent pas du ciel. Elles sont liées au diagnostic établi au titre du Programme Local Habitat, le fameux PLH. Aujourd’hui, les chiffres sont les suivants : il y a 20 % de T2 (environ 45 m2); 50 % de T3 (65 m2) ; 25 % de T4 (environ 85 m2) ; et 5 % de T5. Sans obligatoirement fonder ma réflexion sur les mêmes éléments que les vôtres, nous sommes favorables à une légère augmentation de T2-T3, et une légère réduction de T4, eu égard à l’observation.

Sur les critères d’affectation qui sont un sujet aussi très important, ma volonté affirmée a été que les affectations soient les plus objectives possibles, sinon totalement objectives, ce qui fait qu’après que Mme GALLART, dont je salue le travail et les services, m’ait fait des propositions, je ne regarde pas les propositions et je signe. Parce que nous n’avons pas à faire preuve ici de subjectivité. Mais bien entendu, nous avons défini auparavant des critères très clairs, écrits, et cette innovation est importante.

Quels sont ces critères ? D’abord, le niveau de ressources, avec une priorité pour les actifs, qui pèse 7 points. Ensuite, l’ancienneté de la demande : 3 points. Les éléments sociaux (menace d’expulsion, handicap, problème de santé, absence totale de logement) : 3 points. Le parcours résidentiel (y a-t-il un voisinage violent ? Une surpopulation dans l’appartement ? A-t-on fait un passage dans le logement temporaire ?) : 3 points. Et puis deux appréciations un peu plus subjectives, mais à la marge : adéquation du candidat par rapport au logement : 2 points ; appréciation globale sur le degré d’urgence de la candidature : 2 points.

Voilà, ce sont les exemples d’une politique que je souhaite suivre : le plus de critères, de repères et d’objectivité et le moins d’avis personnels. C’est d’ailleurs une politique que j’essayerai de mettre en œuvre également en matière d’urbanisme.

En matière d’urbanisme, j’ai très clairement dit à M. CORNILEAU, qui applique cela avec une ferveur et une rigueur totale : l’opportunité, c’est au moment du PLU, au moment du POS, où on définit quels sont les critères de constructibilité. Une fois qu’ils sont définis, on dit oui si c’est légal et non si c’est illégal. Mais on ne peut pas appliquer le permis ou affecter, accorder le permis selon des problèmes d’opportunité. Je crois qu’il faut bien distinguer les choses. C’est la même chose pour l’urbanisme et pour les logements sociaux.

Voilà, je crois avoir répondu à vos interrogations.

Question d'actualité n°4 :

Groupe « Agir pour Hyères »

  • Question posée par Monsieur Seemuller, conseiller municipal d’opposition

Monsieur le Député-Maire,

La vieille ville d’Hyères souffre depuis de nombreuses années d'une paupérisation de son habitat et d'un déclin de ses activités. Ce cœur de la ville est pourtant riche d'un patrimoine historique unique, d'une population d'artisans, de commerçants et de créateurs de grande qualité. Cependant à la fois par la multiplication des centres commerciaux à l'extérieur du centre ville et en l'absence d'une politique urbaine volontariste, le quartier perd de son attractivité.

Ma question porte donc, en ce début de mandat, sur votre volonté politique de mettre en valeur la vieille ville de Hyères.

Pour être précis, combien de logements seront rénovés en 6 ans, dans quelles conditions et à quel prix ? Quelle accessibilité pour la haute ville ? C'est à dire, combien de parking voitures, motos et vélos, de navettes ? Comment rendre la ville plus propre, avec plus d'éclairage ? Comment mettre fin à l'économie parallèle dans certaines rues ? Comment attirer de nouvelles activités, de nouveaux commerces, de nouveaux artisans ? Comment favoriser l'installation des jeunes actifs au regard du prix des baux ou des loyers ?

Enfin comment engager une politique forte de mise en valeur du patrimoine par la rénovation et d'artistes contemporains par l'achat et par l'installation d'œuvres dans les places et les rues ?

  • Réponse de Monsieur le Député-Maire

Bien, merci Monsieur SEEMULLER pour cette question.

Nous partageons avec vous cette priorité, au sens constructif du terme que vous évoquez, de la reconquête de la vieille ville. Et vous savez aussi que nous souhaitons donner la priorité aux commerces de proximité, en tous les cas l’animation du centre-ville, plutôt qu’à la multiplication de grandes surfaces commerciales. Le passé l’a démontré et l’avenir le démontrera également.

Alors cette priorité, nous l’avons d’abord affirmée en modifiant, en accord avec Var Aménagement Développement (VAD) les missions et le mandat qu’elle avait sur la ville d’Hyères, qui était finalement l’ensemble des activités et des opérations se déroulant sur le centre-ville. Désormais VAD va recentrer toutes ses activités sur la vieille ville, revenant, j’ai envie de dire, sur son cœur de métier. Cela consiste en quoi ? Rénovation des bâtiments anciens, préemption généralisée de commerces en rez-de-chaussée. Ce sera la nouvelle règle.

Cela doit permettre d’améliorer notre quota de logements sociaux in situ. C’est très important peut-être d’essayer de progresser en la matière, même si des efforts ont été faits. Mais cela doit surtout permettre de mon point de vue de développer ce que j’appelle volontiers l’artisanat d’art.

J’avais été frappé il y a quelques années par l’action qui avait été menée dans la ville d’Ollioules, où la vieille ville était dans un état catastrophique, et où cette politique a été menée de promotion d’artisanat d’art d’une façon très simple, en préemptant systématiquement les rez-de-chaussée d’immeubles, en y installant des artisans d’art de façon gratuite pendant un ou deux ans, le temps qu’ils s’affirment et qu’ils s’installent, et bien entendu en revenant à un loyer normal une fois que la réalité de l’activité était fournie. Il y a par exemple, dans le vieux Ollioules, aujourd’hui, 70 artisans d’art. Je crois que la qualité de notre vieille ville justifie que cet effort très important soit fait.

Il y a une expression que les économistes aiment bien, c’est que « la mauvaise monnaie chasse la bonne ». Eh bien j’ai envie de dire, de façon générale, que la bonne activité doit chasser la mauvaise activité. Et quand vous évoquiez les problèmes divers et variés d’économie parallèle, plus l’économie réelle et officielle se développera, plus l’économie parallèle reculera.

Alors bien sûr, cette politique devra être accompagnée d’une circulation adaptée dans la vieille ville. Et je crois que son caractère semi-piéton devrait être affirmé, et bien sûr cela devra se faire en parfaite concertation avec les habitants et les CIL. La vieille ville c’est compliqué, c’est complexe, et je crois que nous avons déjà progressé, mais nous allons essayer d’aller un peu plus loin.

Enfin, il y aura la recherche d’une harmonie d’enseignes et de mise en valeur des lieux qui sera l’une des priorité de l’Office du Commerce que nous allons créer avec l’ensemble des personnes intéressées : les chambres consulaires, les associations de commerçants, des élus, et pourquoi pas des sponsors. Il aura presque comme priorité d’animer le cœur de ville et de développer dans ses artères la vieille ville.

J’ajoute enfin que le projet Clemenceau-Denis tel que nous l’avons défini, c'est-à-dire réhabilitation de la place Clemenceau, sans doute une Maison de l’Économie sur une partie du parking Denis, des jeux et une animation ludique sur le jardin Denis, sera la priorité du budget primitif 2015 ; parce que notre vision, c’est que ce n’est qu’en refaisant battre le cœur de la Ville que l’on peut irriguer sa proximité.

Donc oui, Monsieur SEEMULLER, je pense que l’action sur la vieille ville est une priorité. Nous allons essayer de la mener ensemble.

Question d'actualité n°5 :

Groupe « Rassemblement pour Hyères »

  • Question posée par Madame Montenay, conseillère municipale déléguée

Merci monsieur le président. Ma question s'adresse à monsieur François CARRASSAN, adjoint à la Culture.

Monsieur l'Adjoint, sous votre impulsion et celle de monsieur le Maire, une nouvelle politique d'animations culturelles est en train de voir le jour dans la commune.

Tout en conservant sa dimension populaire, elle manifeste la volonté de réaliser des opérations de grande qualité marquant de leurs empreintes l'image de notre ville.

Pourriez-vous présenter au conseil municipal les prochaines manifestations de cette nouvelle politique ?

  • Réponse de Monsieur Carrassan, adjoint à la culture

Merci de cette question, ma chère collègue, qui évoque la mise en place d’une « nouvelle politique d’animations culturelles ».

J’apprécie l’expression d’animation culturelle qui réunit animation et culture.

Je l’apprécie d’autant plus que j’ai trop souvent été confronté à leur opposition. Une opposition stérile qui procède d’une vision binaire et électoraliste : une opposition entre l’animation qui serait populaire, tournée vers le grand nombre et la culture qui serait élitiste, réservée à un petit nombre.

Ce n’est pas notre façon de voir. Bien au contraire notre politique a pour principe de mettre le meilleur à la disposition de tous. Autrement dit de faire de l’audience sans jamais renoncer à la qualité de la proposition.

Quelles prochaines manifestations pour mettre en œuvre ce principe ?

Bien sûr, en référence à Pasolini qui disait que la culture c’est « la résistance à la distraction », nous n’avons pas prévu de toro/piscine ni de catch seins nus dans la boue

Non, nous proposons de mettre la sculpture dans la rue et de fêter le livre.

La sculpture dans la rue : sur une proposition d’Hubert Garnier entouré de Beppo, JP Rives, G. Serre, ce sera l’installation d’œuvres contemporaines du 18/10 au 11/11/14, dans un espace urbain à revitaliser, je veux dire l’avenue Clotis, auxquelles répondront dans le Jardin de la mairie les sculpteurs hyérois Conzett, Sandel, Truffaut, Koutseff et Degioanni.

Chacun pourra vérifier la définition de César disant que la sculpture est un combat d’un homme avec une matière, et j’ajoute : une victoire sur la pesanteur du monde.

La fête du livre, dans une ville aimée des écrivains, ce sera les 11 et 12 avril 2015 sur les places République et Clemenceau, en partenariat avec Charlemagne et en résonnance avec la Médiathèque. Le public pourra rencontrer les auteurs qu’il aime : certainement Alexandre Jardin et probablement Fottorino, Enthoven, Cyrulnik, Lenoir, et d’autres…

Une fête du livre et non une foire du livre, car le livre n’est pas une marchandise ni un produit commercial. Mais un objet irremplaçable pour faire vivre la pensée et allumer une lumière dans nos têtes…

Voilà donc en réponse : des Sculptures dans la rue et une Fête du livre, une culture animée, la rencontre de l’agréable et du réel, pour le plaisir des hyérois et la réputation de la ville.

Question d'actualité n°6 :

Groupe « Ensemble pour Hyères et pour demain »

  • Question posée par Monsieur Politi, conseiller municipal d’opposition

Monsieur le Maire, au début de l'été, lors d'une séance publique organisée par le CIL de la Gare, vous avez pu prendre connaissance de l'inquiétude des habitants et des commerçants de ce quartier face au projet en cours sur la gare.

Cette inquiétude, elle était double. Tout d’abord parce que les habitants avaient pu lire par deux fois dans la presse qu’une réflexion était engagée en vue de déplacer la gare loin du quartier de la gare, dans la zone d’activité économique du Roubaud. Vous avez opposé ce jour-là un démenti. Certes, la presse avait probablement mal compris ou les Hyérois mal lu. Mais nous étions, en tout état de cause, rassurés.

RFF, dans son projet, n’a pas prévu de traversée souterraine en remplacement du passage à niveau, au motif que ce dernier ne serait pas dangereux. C’est du moins ce qu’ils ont dit. Cette appréciation, elle est pour le moins, de mon point de vue, étonnante, et quand bien même elle ne le serait pas aujourd’hui, elle le sera sûrement demain avec la multiplication par quatre du trafic.

Malgré cela, l’ancienne municipalité avait envisagé de profiter des travaux donc de réfection de la voie pour réaliser une trémie dont le coût serait bien entendu diminué compte tenu du fait que le trafic était pendant cette période-là interrompu.

Vous avez prétexté une impossibilité de réaliser ces travaux pour plusieurs motifs : d’abord, que cela n’était pas faisable dans les temps ; que deuxièmement, le projet était trop cher ; et que troisièmement, cela n’était pas finançable. Et pourtant, des réunions avaient été organisées en préfecture. Des courriers avaient été échangés. Je maintiens que ce projet était finançable puisque c’était essentiellement de l’investissement et pratiquement pas de fonctionnement. Et par ailleurs, il aurait pu être étalé compte tenu de la durée des travaux sur deux, voire trois, exercices.

Enfin, j’avais à l’époque organisé un tour de table en préfecture, et nous avions obtenu des réponses – certes, il s’était fait tirer l’oreille par Monsieur le Secrétaire Général à l’époque – réponses positives de RFF et du Conseil Régional. Et j’avais même négocié à l’époque avec le Conseil Général, qui lui n’était pas concerné par ce financement, mais dont je peux vous dire qu’il nous aurait aidés.

Et face à cela, vous avez préféré réaliser une étude sur le plan de circulation. Cette étude, elle va être, je suppose, probablement utile, mais je pense qu’elle ne résoudra pas le mal naissant.

En fait, on est face aujourd’hui à un réel risque d’asphyxie du quartier, de déport du flux d’automobiles, venant par exemple de Costebelle, vers d’autres axes routiers pour éviter le quartier et ses commerces. Donc je pense que faire face à des examens pour un malade, c’est bien, mais ensuite, Docteur, il faut passer au traitement.

Alors vous conviendrez qu’il s’agit ici d’un projet d’intérêt général, je dirais même vital pour le quartier. C’est pourquoi je vous ai proposé, à la fois en tant que conseiller général de ce canton, mais aussi car j’avais commencé à porter ce dossier, de vous apporter mon aide. Vous aviez d’ailleurs, me semble-t-il, pris l’engagement, lors de cette réunion, d’inviter le conseiller général. Trois mois après, j’attends toujours. Je pense que c’est dommageable pour le quartier, car il y avait de mon point de vue ici une opportunité unique afin de réaliser cette trémie.

Alors aussi, en l’absence de cette concertation pourtant promise avec les élus, pouvez-vous aujourd’hui nous faire le point sur l’avancement de vos entrevues avec l'ensemble des interlocuteurs concernés, et surtout sur les solutions envisagées afin de répondre aux inquiétudes légitimes des habitants et surtout des commerçants du quartier de la Gare ? Merci.

  • Réponse de Monsieur le Député-Maire

D’abord sur le déplacement de la gare, je persiste et je signe. Je crois que s’il y a vingt ou trente ans, le maire d’Hyères, dans sa réflexion, avait imaginé que la gare puisse être déplacée, ce n’était pas une idiotie, étant bien entendu que cela se traduisait par un réaménagement global. Mais aujourd’hui, comme je l’ai confirmé, cette hypothèse est totalement à exclure et il est hors de question de l’envisager.

Sur le financement du projet, permettez-moi de sourire, parce que sauf à considérer que les gens changent d’attitude constamment, aucun courrier de quelque collectivité que ce soit n’a fait état d’une possibilité de financement. Pire : quand les courriers ont été envoyés, il n’y a pas eu de réponse, et quand ils ont été réunis, la réponse a été absolument négative.

M. POLITI : Il suffisait de dire : les travaux ne démarrent pas.

M. GELY : Monsieur POLITI, la règle du jeu veut que ce ne soit pas un débat, excusez-moi.

M. LE DÉPUTÉ-MAIRE : Ce qui est dit est sans aucun intérêt. Vous savez, cela veut dire que Monsieur POLITI pense que toute la population aurait dû aller au milieu des voies en disant : « Cela ne se fera pas ». Alors bien entendu, nous avons essayé de convaincre qu’il pouvait y avoir une chronologie, mais vous avez dû, si vous allez quelquefois au quartier de la gare, constater qu’on ne nous a pas attendus pour réaliser. Je dirais même que l’absence de chronologie met en cause la responsabilité de la Ville d’Hyères, qui n’a pas affirmé cette priorité en temps suffisant. En tous les cas, pour le financement…

M. POLITI : Ce n’est pas vrai !

M. LE DÉPUTÉ-MAIRE : Écoutez, Monsieur, ce n’est pas un débat, ce sont des questions et des réponses. Vous dites n’importe quoi dans la question, permettez-moi de corriger !

Sur le financement du projet, en conséquence je dis clairement qu’il n’y a strictement aucun accord aujourd’hui. Si d’aventure vous me portez demain, Monsieur le Conseiller Général, une lettre de Monsieur LANFRANCHI disant : « Le Conseil Général est prêt à prendre 30 % des travaux », et que d’autres, conseillers régionaux ou autres, ou RFF, disent la même chose, bien entendu il n’y a pas de problème. Mais vous oubliez de préciser que ces travaux sont évalués entre 10 et 15 millions d’euros, et que RFF a encore souligné, dans la dernière réunion que nous avons eue avec Monsieur le Préfet CAYREL, que dans tous les cas, même s’il y avait les financements, ce serait réalisé entre huit et dix ans.

Je crois que cela n’est pas sérieux. Cela n’est pas sérieux, c’est insupportable. Et sur la dimension insupportable d’un projet dont la chronologie n’a pas été attentivement vérifiée, je peux vous rejoindre.

Alors dans ce genre de considération, il y a, je dirais, plusieurs attitudes. La première, c’est d’essayer, et nous plaidons pour cela auprès de la direction nationale de RFF, puisque la locale est semble-t-il malentendante, pour que ce passage à niveau soit classé passage à niveau à risque. C’est la condition sine qua non pour RFF de participer aux travaux. Autrement, ils ne le font pas. Ils ont une grille, comme toutes les grilles administratives, elle a sa bêtise, qui consiste : « ce n’est pas prévu dans la case ». Or nous sommes là dans un cas tout à fait exceptionnel. Je ne connais pas pour ma part de commune de la taille d’Hyères qui soit traversée en son milieu par un passage à niveau et une ligne ferroviaire. Donc, il faut essayer de faire avancer cela.

Monsieur le Préfet essaye de nous accompagner, ou essayait de nous accompagner puisqu’il est en partance, mais je ne crois pas, pour vous dire la vérité, malheureusement que RFF bouge beaucoup là-dessus. Et c’est malheureusement aussi, écoutez parce que ça peut vous intéresser, malheureusement, c’est le point de déclenchement de tout un ensemble de choses. Nous essayons de militer.

Dans ce contexte-là, on sait qu’en juillet 2015, le passage à niveau va se baisser tous les quarts d’heure, avec…, ce qui va créer une situation tout à fait extraordinaire dans le quartier de la gare. Nous avons donc pensé qu’il était urgent de lancer une étude d’un plan de circulation compte tenu de cette contrainte. Et cette étude est en cours. RFF veut bien s’associer, la DDTM également et bien sûr les habitants du quartier. Je crois que Monsieur KBAIER sait que son fils, qui est particulièrement en pointe sur le sujet, était présent à ces réunions. C’est une priorité pour parer à toute éventualité.

La troisième chose que nous voulons faire, c’est se dire : si nous n’arrivons pas à débloquer le financement, parce qu’à la différence de ce que vous pouvez implicitement dire, la Commune d’Hyères n’a pas, loin s’en faut, aujourd’hui la capacité à financer des investissements de ce niveau-là (10 ou 15 millions d’euros). Alors bien sûr, on peut les financer si on met au budget 10 millions de recettes improbables ou incertaines. Mais elle n’a pas aujourd’hui les moyens, sauf à demander au contribuable de financer.

Nous avons donc réfléchi et proposé à la fois à Monsieur le Préfet et également aux associations – je dois dire que le Préfet a été enthousiaste et les associations très positives, je demande à ceux qui en ont été informés de le confirmer – une méthode qui ne nous conduit pas à abandonner l’hypothèse du passage souterrain si d’aventure il y a un déblocage de RFF et des financements, mais qui permet peut-être de résoudre temporairement, et pourquoi pas définitivement, le problème.

Vous savez qu’une gare multimodale est un projet ancien de TPM, de la Ville, dans le quartier de la gare.

Si cela doit être fait, cela modifie complètement le parking de la gare. Et l’idée, ce serait d’essayer de faire une déviation qui contourne légèrement la gare pour rejoindre Costebelle, ce qui serait une façon de résoudre partiellement la difficulté. On descendrait Costebelle, on contournerait la gare en passant par une voie ouverte dans le parking pour ressortir au carrefour de l’Europe. Cette idée est en cours. Il y a véritablement un engouement particulier des services de l’État pour aller dans cette direction. Et j’indique que si d’aventure ces réflexions aboutissaient, là la Commune se trouverait devant un coût et une possibilité de financement acceptables, parce que c’est bien entendu de l’ordre de 10 % des travaux du passage souterrain.

Voilà où nous en sommes. Nous continuons et nous multiplions les efforts et les réunions. Nous associons au maximum le CIL de la gare et le CIL de Costebelle. Je crois que c’est un sujet suffisamment important, vous l’avez dit, pour le traiter de façon efficace, administrative, responsable et non pas politicienne.

Question d'actualité n°7 :

Groupe « Hyères Bleu Marine »

  • Question posée par Madame Carasena, conseillère municipale d’opposition

Les résultats de l’audit présenté en Conseil Municipal du 16/09 nous interpellent en tant que nouveau groupe d’opposition ainsi que l’ensemble des Hyérois.

Sans préjuger des mesures budgétaires qui seront effectivement prises prochainement, vous avez annoncé qu’elles seront drastiques et comprendront certainement une augmentation de la fiscalité ainsi que le préconise cet audit.

Celui-ci fait état d’un budget primitif 2014 « insincère ».

Nos concitoyens ne seront-ils pas amenés à considérer que votre Campagne Municipale, au regard des nombreuses promesses et projets avancés, sans doute sans lendemain, aurait été elle aussi « insincère » ?

Comment justifier aujourd’hui une hausse fiscale alors que vous étiez Conseiller Municipal dans la précédente mandature et que, si vous n’avez pas voté ce budget, vous connaissiez la situation financière d’autant mieux que vous êtres professeur d’économie ?

A votre arrivée à la Mairie, vous avez d’ailleurs tenu à nous rappeler cette situation, selon vous préoccupante, de la ville.

Dès lors, connaissant ladite situation, quelles sont les motivations qui ont pu vous amener d’une part, à faire des promesses électorales de non augmentation des impôts ? Et d’autre part à commander un audit dont vous ne pouviez ignorer les résultats et dont les Hyérois voudraient connaître le coût ?

Les Hyérois sont-ils condamnés à ne rêver que le temps d’une campagne électorale ?

Merci Monsieur le Maire de nous répondre.

  • Réponse de Monsieur le Député-Maire

Merci Madame. Je vais vous répondre, bien entendu.

Alors d’abord sur la campagne « insincère », je dois dire que les campagnes de tous les groupes sont insincères quand ils n’ont pas la totalité des informations. J’étais bien entendu, et à chaque Conseil Municipal je l’indiquais en tant que nécessaire, inquiet de la situation budgétaire de la Ville d’Hyères. Ce n’est pas d’ailleurs la municipalité POLITI qui l’a particulièrement aggravé. Il y a dans cette ville, et l’ancien adjoint aux Finances pourra en témoigner, une difficulté, une pesanteur des dépenses de fonctionnement qui fait que se réduit progressivement, systématiquement, même s’il peut y avoir ici ou là une embellie, l’épargne nette de la Commune.

Mais même lorsque l’on a cette inquiétude, on n’a pas tous les éléments de décision, sauf si vous me disiez, Madame, qu’étant conseillère municipale de l’opposition, vous avez une information parfaite sur toutes les lignes budgétaires et leur contenu. Je vous garantis que c’est plus compliqué que cela. Je vais donner deux exemples.

Premier exemple : dans le budget primitif 2014 voté sous la municipalité précédente, il y avait des recettes d’investissement. Le conseil municipal avait donc délibéré en fonction de ces recettes d’investissement. Quand nous avons pris les responsabilités, nous nous sommes aperçus qu’il y avait 10 millions de recettes d’investissement qui ne pouvaient pas être réalisées parce qu’elles étaient tellement incertaines, aléatoires et improbables qu’il fallait, puisqu’elles ne pouvaient pas rentrer, pourvoir par un emprunt ou une baisse des investissements. Cela, on ne le savait pas. Et je pense que personne, à part la majorité sortante, ne pouvait le savoir.

Deuxième exemple : quand nous sommes obligés au budget supplémentaire 2014 d’augmenter des dépenses de fonctionnement qui relèvent des dépenses obligatoires car des marchés, des engagements pour des artistes avaient été passés, cela, on ne le savait pas. Quand nous voyons sur une ligne budgétaire 500 000 euros pour de l’animation, nous n’avons pas les contrats.

Donc je crois, Madame, qu’il faut que vous réalisiez que l’information, même s’il y a transparence, ne peut pas être totale. En l’occurrence, la transparence était ici contestable.

Deuxième réalité que vous ne pouvez pas ignorer, je l’ai déjà dit la fois dernière : on pouvait tout redouter, on peut toujours tout redouter de tout Gouvernement, quel qu’il soit, dans ses capacités à transférer les charges de l’État vers les communes. Mais dans la politique de rigueur qui est actuellement menée et qui vient de s’accroître hier, c’est 15 milliards qui vont être prélevés sur les collectivités locales dans les trois années à venir. Ce qui se traduit aujourd’hui pour la commune d’Hyères, pour les trois années à venir, par une diminution de la dotation globale de fonctionnement de plus de 5 millions d’euros. Cette décision, excusez-moi, a été prise après les élections. Bien entendu, une décision pareille n’allait pas être prise avant les élections pour le motif que vous comprenez. Nous l’ignorions. Donc on bâtit sa campagne électorale sur un certain nombre de considérations, de faits qui sont à ce moment-là connus.

Sur la stabilité des impôts, je ferai tout pour éviter une augmentation d’impôts. Mais Madame, je crois qu’il faut avoir le sens des responsabilités. Nous sommes aujourd’hui dans une situation où la politique du statu quo conduirait la Commune dès 2015 – dès 2015, l’année prochaine – à avoir une épargne nette négative. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que nous n’avons pas suffisamment d’argent dans ce cas-là pour payer les dépenses obligatoires qui sont les salaires, les intérêts d’emprunt, et un certain nombre de fluides. Qu’est-ce qu’on fait ? Eh bien si on ne fait rien, c’est le préfet qui gère. Voilà la réalité. Il faut donc vraiment faire des efforts colossaux.

Quand en outre, vous avez ce supplément qui est imposé par l’État, comme les rythmes scolaires. Il faut dire que l’année prochaine, nous ne sommes pas sûrs que l’État nous remboursera. Nous sommes presque sûrs du contraire. Cela représente près de 700 000 euros. Eh bien je dis qu’il faut commencer par faire des économies drastiques en matière de dépenses courantes, et on regarde ensuite les dépenses de personnel, si on n’y parvient pas suffisamment. Mais, les dépenses de personnel, Madame, ce n’est pas infiniment élastique. Bien sûr, et je salue l’effort qui a été mené la dernière année en ne remplaçant pas les fonctionnaires partant à la retraite. Mais vous savez qu’il en part dix dans l’année, et dix dans l’année, c’est infiniment petit par rapport aux 1 200 ou 1 300 de l’ensemble des salariés territoriaux de la Commune et du CCAS. Quand vous constatez que le budget du CCAS a doublé en six ans, vous vous dites qu’il faut revenir un peu en arrière. Mais 85 % du budget est constitué de dépenses de personnel. Nous n’avons pas la capacité de licencier, ni la volonté. Nous sommes donc sur des contraintes très fortes.

Eh bien je dis très simplement, parce que pour ma part j’ai le sens des responsabilités, que l’on ne joue pas avec choses-là. Quand nous serons allés au bout de toutes les économies possibles, parce qu’il ne faut pas non plus arrêter la Commune complètement, s’il y a un effort collectif qui doit être fait, qu’il s’agisse des associations, qu’il s’agisse du contribuable, tout le monde devra participer. Et je peux vous dire que le travail qui est fait aujourd’hui pour éviter au maximum cette imposition complémentaire est un travail – et je rends hommage au service des Finances – qui est quotidien, permanent et régulier.

Voilà donc la réalité.

Vous savez, dans cette affaire, ce n’est pas du tout un procès envers quiconque. Ce n’est pas le problème. Nous sommes devant une difficulté majeure. Des problèmes structurels de la Ville d’Hyères qui datent de longue date, même si on peut trouver ici ou là des façons de corriger rapidement, et des problèmes de politique nationale – je ne critique même pas le Gouvernement – qui font qu’il faut bien trouver l’argent quelque part. Eh bien face à cela, je ne serai pas le Maire qui irait dans le mur… il y est déjà, dans le mur… mais qui traverserait le mur pour demander à Monsieur le Préfet de prendre les clés. J’essayerai de me battre jusque-là et d’assumer jusqu’au bout les responsabilités. On comparera à ce moment-là les déclarations opportunistes et les responsabilités des gestionnaires.

Question d’actualité n°8 :

Groupe « Rassemblement pour Hyères »

  • Question posée par Madame Luciani, conseillère municipale déléguée

Merci monsieur le président. Ma question s'adresse à madame Chantal PORTUESE, adjointe au commerce.

Madame, de nombreux commerçants nous ont fait part de leur émotion devant les affirmations de l'ancien maire, Jacques POLITI reprises dans la presse, selon lesquelles la nouvelle municipalité aurait accepté la création d'une galerie marchande au centre Leclerc, et aurait délivré un permis de construire à la société Grand Frais.

Ces affirmations sont en effet contradictoires avec la volonté affirmée de la nouvelle municipalité de donner la priorité au développement du commerce de proximité. Nous serions donc heureux que puisse être clarifiée les deux questions ci-dessus évoquées.

  • Réponse de Madame Portuese, adjointe au commerce et à l’artisanat

Madame LUCIANI, je vous remercie pour cette question.

Je vous confirme la volonté totale de la nouvelle municipalité et de Monsieur le Maire de donner priorité à la relance du commerce de proximité. La prochaine création d’un Office de Commerce, ainsi que le très prochain lancement de la réhabilitation de l’ensemble Clemenceau-Denis atteste de cette volonté. Elle fera par ailleurs l’objet d’une inscription au budget primitif 2015, comme l’a annoncé Monsieur le Maire tout à l’heure.

Les affirmations concernant la galerie marchande Leclerc et le permis Grand Frais sont des contre-vérités.

Concernant la galerie marchande Leclerc, c’est la municipalité précédente de Monsieur POLITI qui a donné autorisation de la créer le 24 novembre 2011, lors d’une commission départementale d’aménagement commercial (ce qu’on appelle la CDAC), lors de laquelle un vote positif a été donné à l’unanimité, et donc avec l’accord du représentant du Conseil Municipal représentant la Ville alors. Et ce vote a par ailleurs été réitéré lors de la commission nationale d’aménagement commercial, lors d’un recours, le 30 mai 2012. Nous le regrettons, mais nous sommes obligés de le constater. Le document en attestant est à la disposition de chacun.

Concernant le permis Grand Frais, un jugement de la cour administrative d’appel de Marseille a condamné la Commune d’Hyères pour le refus illégal de permis que lui opposait Monsieur POLITI. La Commune a été condamnée le 25 juillet 2014 à délivrer le permis dans un délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard et d’une amende de 2 000 euros. La nouvelle municipalité ne pouvait donc qu’exécuter cette décision de justice. Et je tiens, encore une fois, à la disposition de chacun le jugement du tribunal le confirmant.

Les commerçants hyérois savent désormais la réalité qui illustre une fois de plus, on peut le dire, la thèse de l’arroseur arrosé.

Question d’actualité n°9 :

Groupe « « Ensemble pour Hyères et pour demain »

  • Question posée par Monsieur Kbaier, conseiller municipal d’opposition

Ma question sera courte. C’est bien, il est midi.

Alors courant printemps, nous avons pu lire dans la presse que vous envisagiez la réimplantation du marché dit « du troisième jeudi » au Centre-Ville, autrefois situé autour de la Médiathèque, place Comtesse de Noailles.

Depuis six mois, nous sommes régulièrement sollicités afin de savoir si ce marché va effectivement refaire son apparition, et si oui quand ? Et sous quelle forme ?

  • Réponse de Madame Ritondale, adjointe aux foires et marchés, aux personnes âgées et administration générale

Depuis de nombreuses années, effectivement, le marché dit « du troisième jeudi » était devenu une institution à Hyères. Il y a quelques mois, la municipalité POLITI a décidé de la supprimer.

Aujourd’hui, le problème se pose de savoir s’il doit être rétabli, car la demande est forte même si les réticences de certains le sont tout autant.

Doit-on le rétablir, comme il fonctionnait, place Noailles ? Cela ne sera pas possible, car dès le printemps, une halle y sera installée, susceptible d’accueillir manifestations festives et surtout jeux de boules couverts.

Notre réflexion s’oriente donc vers d’autres lieux situés plus loin du centre-ville. Les personnes intéressées nous ont suggéré le vaste parking de l’Espace 3 000. Cette hypothèse est actuellement à l’étude. Elle aurait en tout cas l’intérêt de faire en sorte que la restauration de ce marché ne se heurte pas aux oppositions qui avaient sans doute exprimé son annulation.

Question d’actualité n°10 :

Groupe « Rassemblement pour Hyères »

  • Question posée par Madame Renée Tornato, conseillère municipale déléguée

Ma question s'adresse à monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, nous avons appris, lors d'une assemblée Générale de l'association AACS, qu'elle était sur le point d'arrêter ses activités. Sa décision est liée aux difficultés d'obtenir des financements de différentes collectivités et institutions, même si elle a noté le maintien d'une contribution municipale dans les périodes qui viennent de s'écouler.

Quand on connaît le rôle d'AACS dans le quartier du Val des Rougières, une association parfaitement intégrée et acceptée et dont les responsables sont eux-mêmes issus de la cité, cette décision peut être grave de conséquences.

Quelles actions comptez-vous mener pour que la politique de la ville soit maintenue au Val des Rougières et que ne s'y développe pas un sentiment d'abandon ?

  • Réponse de Monsieur le Député-Maire

La disparition éventuelle d'AACS est une triste nouvelle. Depuis longtemps, la commune les soutient et j'ai, moi-même, mobiliser la réserve parlementaire en leur faveur en 2014.

Tout doit être fait pour poursuivre et approfondir la politique de la ville dans les quartiers défavorisés.

En accord avec monsieur le Préfet, il conviendra d'éviter le saupoudrage et de définir, par thématique, les pilotes des différentes opérations. Des associations comme Amitié Massillon, RC, APS et AACS seront ainsi sollicités et les autres associations devront se regrouper autour d'eux.

J'organise, le 17 Octobre prochain, une réunion avec l'ensemble des intervenants au Val des Rougières pour évaluer les problèmes pendants.

Une deuxième réunion aura lieu le 30 Octobre consacrée à la politique de la ville sur l'ensemble de la commune car nous devrons nous adapter.

En effet, le contrat urbain de la cohésion sociale n'a retenu que deux quartiers prioritaires, la vieille ville et le Val des Rougières. Il appartiendra à la commune de pourvoir néanmoins aux problèmes que continuent de connaître les quartiers des Maurels, de la Blocarde et des Bosquets.

Pour nous, comme je l'ai affirmé lors du CLSPD en présence du procureur de la République et du directeur de cabinet du Préfet le 30 septembre dernier, la politique nécessaire de sécurité ne peut être efficace que si, dans le même temps, l'espoir renaît dans nos cités en termes d'emplois, d'éducation et d'animations.

Ce sera le sens de notre action.